Installations


Limites poreuses, exposition personnelle à la galerie du Crous, 2017

Bois, piquets de vignes et céramiques japonaises.
Poteau de ligne telecom et cuivre

Crèches dans l’église St Eustache, 2016 puis 2018 avec Max Coulon

Collaboration avec Prosper Legault, LaVolonté 93, 2018

A part

Vue d’atelier, 2020


Texte de Léa Houtteville à propos de l’exposition Limites poreuses à la Galerie du Crous, 2017

L’art, l’artisanat et l’architecture, trois domaines distincts et pourtant – parfois malgré eux – apparentés. Ces sphères, avec leurs caractéristiques propres, se rencontrent, s’imbriquent, voire s’entrechoquent dans le vaste univers de la création. Mais une oeuvre est-elle nécessairement de l’art ? Où se situe la frontière ? Cette limite plus ou moins perceptible est au coeur du questionnement de Théophile Stern. Avec l’exposition Limites poreuses, et par le biais de la confrontation des oeuvres, l’artiste tente davantage une exploration qu’une formalisation de réponse.

« Exploration » n’est pas un vain mot : c’est à la suite d’un séjour de travail à Tokyo que Théophile Stern entreprend de sonder la distinction entre art et artisanat. Car si cette dernière n’a pas toujours existé, elle semble aujourd’hui bien ancrée dans nos sociétés occidentales – notamment en France – où l’artisan et l’artiste s’opposent par divers aspects, aussi bien techniques qu’institutionnels. Au Japon au contraire, le sens des ces mots se confond, l’artisanat étant hissé au noble rang d’art. De ce constat, Théophile Stern en a fait le coeur de son exposition, où son travail offre à voir les limites – poreuses – entre des domaines au potentiel d’enrichissement mutuel inouï. L’Arbre cousu, réalisé en 2017, en est un bel exemple : deux grands pans de bois issus de poteau électrique, entre lesquels s’entrecroisent d’épais fils de cuivre. Ce qui, de prime abord, constitue rien moins que l’association de deux matériaux bruts, se révèle sous les yeux du visiteur tel un corsage lacé en son dos. Au fil de l’oeuvre de Théophile Stern, l’utile et le Beau se mêlent ainsi pour ne former qu’un ; chaque création revêt, grâce à la délicatesse du geste, un rapport inéluctablement esthétique et artistique à la matière, aux formes et aux couleurs. Ou quand l’art contemporain questionne notre rapport à l’art, brouillant voire transgressant les repères communément admis.